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Pomme
de terre OGM, ou comment la commission contourne les Etats
La pomme de terre transgénique qui vient d'être autorisée
pour dix ans par la commission européenne n'en finit pas de faire
couler de l'encre. Répondant au nom d'Amflora, ce tubercule OGM
a été mis au point par la société allemande
BASF pour fournir un taux d'amidon plus élevé que de normal,
une caractéristique censée lui ouvrir les portes de l'industrie
papetière et de l'alimentation animale en tant qu'épaississant.
Par cette décision, la commission
européenne contourne un conseil des ministres de l'agriculture
peu favorable aux OGM, tout en pouvant arguer de faire œuvre de démocratie
en laissant chaque Etat se prononcer en la matière. Toutefois,
il ne faut pas s'y tromper, par ce biais la commission évite le
probable veto du conseil des ministres et donc l'interdiction généralisée
de la culture de la pomme de terre Amflora en Europe. En effet, parmi
les 27 Etats membres, certains seraient d'ores et déjà intéressés
pour la mettre en culture dès cette année, à savoir
la République Tchèque et l'Allemagne.
En ce qui concerne la France, le gouvernement a décidé de
saisir le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) avant d'arrêter
sa position, sachant que selon un communiqué commun aux ministères
de l'écologie et de l'agriculture, la position officielle veut
que "la France souhaite qu'il n'y ait plus d'autorisation d'OGM sans
le renforcement de l'expertise scientifique communautaire".
Il est vrai qu'au-delà du fait
d'ouvrir l'Union européenne à cette pomme de terre OGM,
cette autorisation interroge sur la forme. Même si elle est destinée
à une utilisation industrielle, rien ne garantit qu'à terme
cette pomme de terre n'entrera pas dans la chaîne alimentaire humaine,
via les épaississants pour les glaces, les crèmes et autres
potages. Or, outre l'aspect environnemental, l'Amflora inquiète
notamment en intégrant un gène de résistance à
un antibiotique.
Pour John Dilli, le commissaire à "la santé et à
la politique des consommateurs", il apparaît "…
évident qu'aucune nouvelle question scientifique n'avait besoin
d'être analysée plus avant ... Tout ajournement de décision
aurait vraiment été injustifié." Pourtant ce
dernier appuie sa décision sur la base de l'avis favorable remis
par l'Agence européenne de sécurité des aliments
(EFSA), dont le fonctionnement et l'indépendance font débat,
y compris au sein du conseil européen des ministres de l'environnement
qui demande depuis plus d'un an que les méthodes d'évaluation
des risques des OGM soient renforcées en Europe.
http://www.univers-nature.com
Pascal Farcy
CINQ nouvelles autorisations pour
des OGM
La Commission européenne s’est prononcée ce mardi
pour de nouvelles autorisations de cultures ou de commercialisations de
produits OGM au sein des Etats membres.
Deux décisions concernent la pomme de terre génétiquement
modifiée Amflora, à savoir, d’une part, l’autorisation
de la culture d’Amflora à des fins industrielles et d’autre
part, l’utilisation de produits dérivés de l’amidon
d’Amflora en tant qu’aliments pour animaux. Trois décisions
concernent la mise sur le marché de produits contenant du maïs
génétiquement modifié. Ces autorisations concernent
seulement l’utilisation dans l’alimentation humaine et animale,
mais pas la culture. Il s’agit des MON863xMON810, MON863xNK603 et
MON863xMON810xNK603, trois produits issus de croisements de deux ou trois
maïs génétiquement modifiés, dont l’utilisation
dans l’alimentation humaine et animale, l’importation et la
transformation étaient déjà autorisées dans
l’Union européenne.
Cette annonce de la Commission
européenne ne constitue pas une réelle surprise. José
Manuel Barroso, connu pour ses positions très favorables aux OGM,
a été reconduit pour cinq ans à la tête de
la Commission.
http://www.univers-nature.com
Michel Sage
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